samedi 28 novembre 2009

DéFINITION // PARATACTIQUE

A propos de la case

Si l’on commence par le début, on va parler de la case


 Benoît Peeters (auteur et théoricien de la BD)

Lire la Bande dessinée (1998) champs-flammarion


 A - Les cases mémorables

Il cite d’emblée Pierre Sterckx dans les CahiersBD 56 qui parle des cases mémorables, des cases fétiches que l’on peut avoir dans la bande dessinée. Ce qui implique alors que ces images existent dans un au delà du récit, un en dehors du texte. Une case qui ne vaudrait que pour ces qualités plastiques.


Des images avant d’être du récit ( ?)

« à  de rares exceptions près ; correspondant à un temps d’arrêt,  la case mémorable m’apparaît comme un pur ectoplasme, un objet hallucinatoire, produit par le fantasme retrospectif du lecteur davantage que par le dessinateur »

Il préconise d’aller les revoir pour voir si elles correspondent bien à l’idée que l’on s’en fait.

ce peut être une image de tintin dans le lotus bleu lorsqu’il fume l’opium par exemple ou une case de corto maltese dans le désert d’abyssinie des ethiopiques.


Cette idée vaut d’ailleurs pour toute image que l’on a en mémoire. Allons revoir les images qui sont ancrées en nous. De l’image la plus personnelle à la plus collective : qu’en reste-t-il à une vision rétrospective ? Qu’en a-t-on gardé ?


Avons nous des images mémorables ?

Pouvons nous les décrire ?

Les retrouver et les comparer ?


Pour Krazy Kat par exemple, il pourrait s’agir d’un jet de brique par Ignatz.


Est ce que les images mémorables ne sont pas aussi parfois le fruit d’un désir de running gag comme le banquet d’Astérix, le jet de brique…


des images récurrentes installées par l’auteur ?


B- Définir la case

Une comparaison est souvent faite entre la BD et le cinéma. C’est la technique de découpage qui semble proche.


 Ce qui nous intéresse, ce sont les différences qui peuvent nous permettre de cerner ce que n’est pas cette case.


B1- Le Cache du cinéma

Il ne s’agit pas d’un cache comme au cinéma. Au cinéma l’image est le résultat d’un cache, une sélection dans le réel. Il y a toujours du hors champ dans une image cinématographique. C’est du à sa nature : un prélèvement.


La cadre de cinéma a aussi un format imposé.Imposé par la technique, non par la taille du négatif puisqu’on le projette ensuite à un format agrandi.

Un format imposé par le rapport au cadre de prise de vue (1,25, 1,33, 1,66) de plus en plus rectangulaire jusqu’au cinémascope.


Un format lié à la machine qui fait les images. Il en existe plusieurs plus ou moins allongé. Le très grand panoramique permettait des films immenses (montrant par exemple des paysages) Les westerns étaient tournés en panoramique, les films dans lesquels on se plongeait.


Comme si on oubliait ce cache dans le réel, on avait l’impression de tout voir.

Sergio Leone a fait des panoramiques un usage spécial puisqu’il a transformé des visages en paysage.

 Le cadre en cinéma reste fixe en tout les cas au cours de la même projection.


A part des exemples comme Abel Gance et son écran variable ou « accordéon visuel » qui s’ouvrait ou fermait au cours de la projection.

Des écrans multiples le triple écran ou La Polyvision.

Ou des expériences de caches dans le film. Mais cela reste du masque.

Voir du côté des génériques (Mannix, Amicalement votre)


Format

Le format est fixe au cinéma

Dans la BD la case n’est pas fixe elle peut avoir toutes les tailles possibles.

Le tout dans un format qui est celui de la page

Qui fixe les formats pour la bande dessinée ?

Prenons le format standard franco-belge (format de Tintin, format classique franco-belge)

Format 30/22,5 environ couverture cartonnée (format souple cadeau des postes d’essence)

Format Comics américain (souple)

Petits formats Fumetti (bd populaire) souple

Formats petits mangas

Grand formats (luxe) Dargaud 70/80

Format 16/22 Dargaud souple (diffusion plus bas de gamme) ré-édition une idée du livre de poche- stratégie de remontage des pages.

Peanuts Charles Schultz avec son double format suivant l’endroit où c’était publié

Prépublication de Tintin en strip dans le journal Tintin et donc remontage des pages pour les livres


 

Changement de format de l’association

Changement de format des grosses maisons d’édition


 Le format c’est la taille mais c’est aussi le nombre de pages

48 pages = format standard

Casterman Asuivre collection de livre comme des romans (Ici Même tardi-Forest)

Livres épais sans nombre de page pré-fixé

L’idée est d’entrer dans le champs de la littérature.

A la fois par le type de récits promus mais aussi par le type de livre que cela induit.


Tout cela rejoint la question des standards.

De leur importance dans sinon la création en tout cas dans la perception préalable du texte de l’œuvre, du récit.

Avant de lire de la BD, je sais que c’est de la bd et je sais aussi la classer, la hiérarchiser.

Il y a dans le standard (le format, la rigidité, l’épaisseur…) toutes ces informations


Puis l’éditeur, l’auteur, le première page…


B-2 Cadre en peinture

Il ne s’agit pas d’un cadre comme en peinture.

Le cadre de la peinture, c’est ce qui isole, ce qui sépare du mur, d’une autre peinture. Ce qui lui permet d’être vu comme une totalité.

Centrifuge/centripète

C’est ce que dit Bazin (p22)


Donc dit Peeters la case de BD ne relève ni de l’un, ni de l’autre.

Mais d’un autre espace qu’il nomme le « péri-champ »

Constitué par les autres cases de la page et ^m de la double page.

On ne peut appréhender une case comme une image solitaire.


Cite Jean-Claude Forest p23


La case au déchiffrage plus complexe.


L’idée est que la case est prise dans un récit aussi avec un avant et un après

Toute vignette est à suivre…

Il en déduit que la case est forcément incomplète

Pierre Fresnault-Deruelle ldéfinit la vignette comme une image  « en déséquilibre »


Rhétorique

L’art de l’éloquence (savoir parler, mener un discours). La rhétorique a d’abord concerné la parole : la communication orale.

Il s’agit donc d’une façon de poser le langage, de l’organiser. « Utiliser le discours pour plaire comme pour convaincre, pour plaider comme pour délibérer, pour raisonner comme pour séduire » dit Michel Meyer (un philosophe belge) en introduction de la Rhétorique d’Aristote.

Aristote enseignait la rhétorique à ses étudiants (300avjc). Il expliquait que la maîtrise technique du discours pouvait aussi être le moyen de favoriser la justice, de défendre la morale et d’aider au développement du savoir.


Rappelons 3 grands livres de rhétorique d’Aristote La Poétique, la Rhétorique, les Topiques


Dans la rhétorique il distingue 3 genres rhétoriques : le judiciaire (accuser-défendre), le délibératif (conseiller-déconseiller) et l’épidictique (louer-blâmer)…


La poétique traite des différents aspects du genre poétique : la tragédie ou l’épopée et développe la question de l’imitation.

Les topiques traitent de la dialectique(art du dialogue).


 la rhétorique  traditionnelle compte 5 parties.


l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre),


la dispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace),

 

l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments –› style),


l’actio (= diction, gestes de l’orateur, etc.)


 et la memoria (= procédés pour mémoriser le discours)

La rhétorique a ensuite concerné la communication écrite. Et un ensemble de règles destinées au discours.


On parle de rhétorique lorsqu’il s’agit de discours, que ce soit à l’oral, à l’écrit

Mais aussi en image. On parle de rhétorique cinématographique ou télévisuelle par exemple. On peut aussi trouver de la rhétorique dans les images. En tant que texte décodable et dans leur organisation donc.

Par exemple la plongée ou la contre plongée peuvent être utilisée rhétoriquement.

Il ya de la rhétorique dans le montage. Une figure de style comme la répétition par exemple.


 Les figures de style

On a souvent réduit la rhétorique aux figures de styles

L’ornement du discours.

On trouve les figures de style à  l’intérieur de l’elocutio.

Cette partie qui met en valeur les arguments.


Les figures de style les plus connues sont la métaphore et la métonymie.

Métaphore= fondée sur l’analogie ou la substitution. Un mot qui en remplace un autre sous la forme d’une image. Car venant d’’un autre champ lexical.

Le printemps de la vie pour parler de la jeunesse.

La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous. Kafka


Métonymie= figure de mots consistant à désigner un objet ou une idée par un autre terme que celui qui convient : la compréhension se fait grâce à une relation de cause à effet, de contenant à contenu, de partie à tout, entre les deux notions.

Exemples : «boire le poison» (cause à effet), «boire un verre» (contenant pour contenu).


Les Figures du discours Fontanier 1821-1830 est un traité de rhétorique classique.


PARATACTIQUE: relatif à la parataxe.

PARATAXE: (féminin, adjectif : paratactique) La parataxe consiste à supprimer la subordination entre des propositions. Les propositions paratactiques sont alors juxtaposées sans êtres unies par un rapport syntaxique de subordination ou de coordination.

Exemple: Je viens de retrouver cet Essai paratactique sur le nouveau réalisme de la bande dessinée publié par Futuropolis en 1983


 MÉTALANGAGE :

Meta= « après, au delà mais aussi « à propos »

Un langage qui sert à perler d’un autre langage.

La grammaire par exemple fait partie du metalangage. Ds la phrase « Pierre est complément d’objet direct du verbe », on utilise un métalangage, on utilise la langue pour parler de la langue.

La poésie qui parle de poésie

Le cinéma qui se cite ou se commente

Un meta-livre…


 

Proposition

Une planche paratactique

Une meta-planche de bande dessinée ou une planche de bd metalinguistique.

.



mercredi 25 novembre 2009

PUBLICITÉ SURLIGNEUR LUXOR

la campagne ici
Luxor Highlighters: CheLuxor Highlighters: ChaplinLuxor Highlighters: Hitler

TEST DE H. Coldwell Tanner

Sur son site Loldwell.com
Advice for Art Majors

DESSINER LES YEUX FERMÉS

EN 1947 LIFE MAGAZINE demande à des artistes de comics de dessiner les yeux fermés.

mardi 17 novembre 2009

EVARISTE BLANCHET (critique)

Evariste Blanchet fonde Critix en 1993 une revue d'étude de la bande dessinée. 1ère série 92-93, 2è série 96-01. Tirage de 150 ex. Textes théoriques et critiques.
On trouve quelques pdf de la 1ère série ici. http://www.biblionline.com/Html/Critix/Critix.html
Puis une autre revue Bananas qui compte 2 numéros 2006 et 2007.
Il publie sur du 9, dans le art press spécial bande d'auteurs n°26 2005.
les révoltes ratées de guido buzzelli
L'amour de la bande dessinée ed Bananas

lundi 16 novembre 2009

Bibliographie_à_Construire

Art Press spécial 26 2005
Bandes d'auteurs - les territoires en toute liberté par la bande dessinée contemporaine-

b.a.m. Beaux-arts magazine hors série 2004
32 BD pour 2004

La bande dessinée mode d’emploi Thierry Groensteen ed impressions nouvelles 2007

 Récits et discours par la bande Pierre Fresnault Deruelle  essais sur les comics hachette essais 1977

 Harry Morgan Principes des littératures dessinées ed de l’an 2

 Gérard Blanchard Histoire de la Bande dessinée marabout 1969

 P.Fresnault Deruelle La chambre à Bulle (une littérature pour transformer le quotidien)

 Benoit peeters Lire la bande dessinée Flammarion 1998

Revues

neuvième art revue de la CIBDI de Angoulême,

Critix devient Bananas

L’éprouvette, de l'Association

La 5è couche

 

[13 novembre 2009]

Des formes narratives cela sous-entend que l’on va raconter quelque chose, que cela va narrer.

Mais que pour narrer on va travailler avec des formes.

Des formes courtes, brèves, longues, épaisses, fines, carré, rondes…

Une structure comme une enveloppe.

 

Les formes qui nous intéressent sont liées à l’illustration, au dessin, à l’image au visuel d’une part mais aussi liées à la littérature, aux récits, au langage.

 

Dans les années 80 alors que l’on essayait de mettre en place une critique de la bande dessinée de façon sérieuse, quelqu’un avait lancé le terme de narration figurative, pour rire en opposition avec figuration narrative. Il s'agissait de Alexis.

 Un livre par exemple

Fac Similé de Bruno Lecigne et Jean-Pierre Tamine Essai paratactique sur le nouveau réalisme de la bande dessinée ed Futuropolis 1983 (Tardi Bazooka, Moebius, bilal loustal, Montellier)

Donc

Des formes illustrées

Des images avec ou sans textes

 

Des illustrations

Des bande dessinées

Des dessins animés (autre chose entrera en jeu, le son, le temps imposé, le mouvement)

 Expérimenter la bande dessinée déjà

Cela suppose de savoir ce que c’est

Penser qu’il y a un terrain, des composants propres à cette forme narrative

 

Il faudrait penser à recenser ces composants

Et puis il faudrait les faire jouer, jouer avec, les transformer

En enlever

En rajouter…

 

D’abord un cadre

Des cadres

 

Des cases

 

Des cases à la suite les unes des autres

Des cases qui se suivent : des séquences

Une successivité.

 

Des cadres qui forment des strips

Des cadres qui forment des pages

 

Et des pages qui forment des histoires et des livres.

 

Des Personnages dans des cases

Des personnages qui se retrouvent de case en case

Pareils ou différents

Des moments arrêtés

 

Avec du vide entre les cases

"L’art invisible" dit Scott Mc Cloud ed Delcourt  1993-

L’ellipse.

Des personnages dans des paysages

Des décors.

 

Bon donc des personnages qui parlent avec des bulles

Où le langage, l’écrit est simplifié souvent à l’échelle de la phrase

Mais qui se déroule de case en case.

 

Qui permet des dialogues, des échanges, et qui dévellope avec l’image un récit.

 

La Bande dessinées, souvent cela sert à raconter des histoires.

 

Dans le désir de la bande dessinée on peut compter celui du livre.

Avoir un livre

Un livre d’image

Tenir un livre, un album pas trop minucule dans l’histoire franco-belge

Le livre de bande dessinée est un des élements du plaisir à lire

Voire à faire de la bande dessinée.

 

On peut s’intéresser au livre

A sa forme

A son épistémologie : les conditions d’existence d’un livre de bande dessinée

A sa nécessité (quelle nécessité y a-t-il ?)

A son économie (est ce un livre s’il n’y a pas de réseau de distribution particulier)

Quels autres livres pourraient exister ?

 

On peut du coup s’intéresser à la lecture

Qu’est ce que lire une image, un texte, un mix des deux ?

Quel temps met on pour lire cet objet

Y at-il un ordre pour lire ?

Peut-on lire autrement ?

 

Il y a quelque chose de la linéarité qui comme l’écrit, le langage, mène du haut en bas et de gauche à droite.

Qu’est ce que c’est que ce mouvement ?

Les question posées par l’OUBAPO (des contraintes en écriture donnent des contraintes en lectures)

Noogegoon Schuiten, TNT en Amérique…

 

Si on parle du livre

On parle aussi de sa couverture, qu’est ce qu’une couverture de BD comment la reconnaitre, les codes, d’une série, d’une collection…

Comment jouer avec.

 

Après je rentre dans le livre

Je vois la planche

La première page et ses spécificités

La page de gauche la page de droite

La page c’est un cadre fait de cadre (multicadre)

Il y a des principes de mises en page

Il y a des formes fixes (ex la gaufrier de 12 cases) puis des gaufriers de 9 cases ou autres plus serrées

Et puis les formes plus narratives avec une sorte de syntaxe de type cinématographique avec une échelle des plans (insert, gros plan, plan d’ensemble, général…)

La pleine page (Rahan)

Bref il y a des systèmes de mise en page sur lesquels il est possible de travailler

 

Ensuite on peut penser la séquence

Une notion essentielle

Même si une image peut résumer beaucoup de choses ou suggérer un avant et un après, c’est la successivité qui fait la bande dessinées.

Peut-on aligner n’importe quelles images pour faire une bande dessinée ?

On peut associer images et photos (le photographe Guibert)

 

Et puis se pose la question du cadre

Qu’y a-t-il dans le cadre ?

Qu’est ce que cadrer ?

 

Avant d’aborder le découpage. Comment découper un récit quelles sont les images-cases à privilégier ?

 

Quel rapport avec le texte ?

Dire la même chose (EPJacobs où les bulles, les légendes et les images étaient redondantes)

Etre en décalage

En opposition ?

(les détournement des situationnistes avec des textes maoistes ou marxistes sur la bande dessinée américaine)

étudier ce dialogue image et texte

 

Formellement

Le texte dans le cadre (bulle) enfermée, libre

Forme des cases

Entre cases…

 

Les onomatopées, les sons leur dessin

 

Des images différentes ?

Toujours la même image , répétition (seulement changer le texte ?) Jimmy Corrigan  Chris Ware

 

Le rythme

Accélérer, ralentir

 

Les récits croisés

 

L’histoire de la bande dessinées, nationales, et styles.

Peut-on travailler aujourd’hui avec de la citation, des mélanges de genre ?

Ligne claire et underground américian, manga, comics usa et univers colorés (mattoti)

Y a-t-il des syles

Une généalogie des styles

Cf Le livre de Spiegelman A l’ombre des tours mortes.

Reprise des Black et Mortimer par d’autres dessinateurs

 

Méthodologie d’élaboration

Etude des divers auteurs

Une même méthodologie

 

La part du numérique dans la création

 

Le développement sur des media type net ou téléphone portable

Les blogs bd

 

Les thèmes

BD d’aventure (western…) SuperHéros

Humour

Science fiction – heroic fantasy

Mangas… histoires d’ados (amous, sport), bd érotiques

autobiographique

Politiques ? Scientifiques ? Poétiques ?

Idéologie militantisme ?

 

Les questions esthétiques

Couleurs et noir et blanc

Trames

Photos-graphime